LA POSTURE DU MOIS

FEVRIER 2017

Sylvie 3

Ardha-Matsyendrasana

HISTORIQUE – SYMBOLIQUE

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Propos sur la Posture de Matsyendra

par Christian Tikhomiroff

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ETYMOLOGIE

En sanskrit, « ardha » signifie demi. Nous venons d’apprendre que cette posture, sans doute la plus plastique et la plus esthétique d’entre toutes, tient son nom d’un légendaire Yogi, le grand Rishi Matsyendra. Cette asana peut donc se traduire par la « demi torsion spinale » eu égard au mythique Poisson sorti de l’eau pour se transformer en un Sage accompli.

Notons que Ardha-Matsyendrasana comprend deux variantes de jambes et de bras ; l’une jambe étendue (niveau débutant), la seconde jambe repliée (niveau intermédiaire). Par ailleurs, il est possible d’appuyer davantage l’efficacité de la torsion vertébrale en glissant, en l’occurrence le bras gauche (voir schémas), soit dans l’espace poplité du genou droit, soit en contournant ledit genou, de sorte que l’on puisse saisir fermement de la main gauche le poignet du bras droit qui enlace ainsi la taille.

De ce qui précède, une pensée nous vient spontanément à l’esprit. Si la pose de Matsyendra s’affiche comme une figure inachevée (ardha), il doit donc exister une version plus élaborée voire aboutie (niveau avancé). Il s’agit en effet de configurer l’une des jambes en « demi-lotus » – ardha-padmasana – de manière à exercer une puissante compression de l’espace intra-abdominal lors de l’exécution de la torsion (voir démo ci-dessous).  Ainsi, l’asana se désigne sous le libellé sanskrit : Purna-Matsyendrasana, la posture complète du Sage Matsyendra.

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Purna-Matsyendrasana

(Démo)

ACTIONS ET SYNERGIES

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  • Les deltoïdes postérieurs amènent les épaules vers l’arrière, ce qui étire les deltoïdes antérieurs.
  • Les triceps tendent les coudes loin du tronc.
  • Le faisceau inférieur des trapèzes éloigne les épaules du cou.
  • Le faisceau moyen des trapèzes et les rhomboïdes, qui relient les omoplates à la colonne, tirent les épaules vers l’arrière, en direction de la ligne médiane, et ouvrent la poitrine.
  • Les petits pectoraux soulèvent le bas de la cage thoracique.

Masyendrasana5

  • L’activation des obliques de l’abdomen accentue la torsion du tronc.
  • Du côté de la jambe pliée, les psoas et les pectinés fléchissent la hanche.
  • Le moyen glutéal, muscle profond de la fesse, et le tenseur du fascia lata, sur la face externe de la hanche, amènent le fémur en rotation interne et en abduction (ils s’éloignent de la ligne médiane). Du fait de cette abduction, l’extérieur du genou est pressé contre le bras, ce qui intensifie la torsion.
  • Le biceps fémoral, le plus externe des muscles ischio-jambiers, entraîne la hanche en rotation.
  • Côté jambe tendue, le quadriceps tend le genou et le tibial antérieur fléchit la cheville et rapproche le pied du tibia.

Matsyendrasana

  • Les long et court fibulaires amènent la cheville en éversion et le pied en légère rotation externe, ce qui ouvre la plante du pied.

(Extraits de l’ouvrage « Yoga Anatomie – Les Postures » de Ray Long)

BENEFICES

La Colonne Vertébrale

Muscles et ligaments :

La torsion étire et allonge les muscles et ligaments de la colonne vertébrale ; il s’y produit un afflux de sang. La pratique d’Ardha-Matsyendrasana revigore la musculature de la colonne, prévient ou efface les courbatures, engendre une sensation de bien-être immédiate.

Nerfs :

Par son action sur l’arbre vertébral qui contient la moelle épinière, longé par la chaîne des ganglions sympathiques, cette asana tonifie tout l’organisme. C’est pourquoi, les yogis la considèrent comme un puissant réjuvénateur.

L’Abdomen

Ardha-Matsyendrasana tonifie les viscères en comprimant alternativement chaque moitié du caisson abdominal. Le côlon est concerné en premier lieu par la posture qui agit sur les deux bouts de la chaîne du gros intestin : valvule iléo-caecale et courbure du sigmoïde. Rappelons qu’il faut d’abord comprimer le côté droit de l’abdomen afin d’agir dans le sens du péristaltisme. Cette asana combat donc la constipation. Le côlon ascendant, le foie et le rein droit sont stimulés à la première moitié de l’exercice, le côlon descendant, la rate, le pancréas et le rein gauche dans la seconde partie de l’exécution posturale.

Glandes endocrines

Ardha-Matsyendrasana agit principalement sur les surrénales.

Bonne pratique !

Sylvie Schmitt le 16 février 2017

« La mémoire est inutile si elle renvoie à la répétition du passé »

(B.K.S. Iyengar)

 

Matsya

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