La Posture du Mois

Juin 2017

Paschimottanasana

Paschimottanasana

« La Posture de la Pince assise »

Paschima = plan postérieur du corps

Uttana = extension, étirement

(en sanskrit, la juxtaposition des deux voyelles A + U se contracte phonétiquement en O)

Etymologie

Mes respects Monseigneur, mais je vous en prie, veuillez laisser la « pince » dans votre boîte à outils… Dans le yoga, on ne bricole pas dans l’incurable ! Ne confondez pas la posture de la « pince assise » avec celle du « coupe-boulon »…

Nul ne sait pourquoi Paschimottanasana, ce grand classique du Hatha Yoga, soit désigné communément voire bizarrement comme la posture de la « pince assise ». Quand j’examine la racine lexicale du vocable sanskrit, je ne vois rien qui puisse suggérer l’idée d’une « pince » quelque soit l’usage que l’on souhaiterait en faire.

En sanskrit, Paschima signifie « Ouest » par opposition à Purva qui renvoie au point opposé soit l’« Est ». Nous voici en présence d’un axe ou d’une orientation spatiale dont les vis-à-vis ne sont autres que l’Orient et l’Occident.

En Inde, la coutume traditionnelle veut que la séance quotidienne de yoga se déroule de bon matin face au soleil levant, d’où cette corrélation entre la partie antérieure du corps et l’Orient. Par opposition, la partie postérieure du corps humain, tournée vers l’Occident, suggère le soleil qui décline vers son couchant. Voilà une interprétation frappée au coin du bon sens, probablement la plus plausible, contrairement aux spéculations ésotériques de certains auteurs.

Il est intéressant de noter que la pratique de Paschimottanasana (extension de la partie Ouest du corps) est indissociable de Purvottanasana (extension de la partie Est du corps), l’une étant le pendant de l’autre et réciproquement. Cette dernière fera l’affiche de « La Posture du mois de Juillet ».

Comment aborder Paschimottanasana

L’exercice optimal de cette posture suppose en amont, comme pour la plupart des asanas, un training de fond. Le déroulé postural, dynamique et rythmique, de la méthode « Yoga Vinyasa » reste l’exemple le plus frappant. La première posture « niveau débutant » est une « pince debout » (Padangusthasana ou Padahastasana). Puis suivent les « Triangles » ainsi que les différentes variantes du « Guerrier ».

Toutes ces postures pratiquées « station debout » poursuivent un seul et même objectif : renforcer les appuis locomoteurs, étirer les ischio-jambiers, solliciter les articulations coxo-fémorales, libérer la colonne vertébrale, soit par extension linéaire des muscles du dos, soit par action rotatoire du bloc scapulo-thoracique. Bref, une somme de sollicitations inductives ostéo-articulaires et musculaires qui servira de passeport pour aborder, le moment venu, la posture assise du  Paschimottanasana.

L’erreur à éviter serait de s’entêter à courber l’échine dans l’intention de poser le front sur les genoux. Ce type d’approche est funeste et ne ferait qu’aggraver les éventuelles fixations costo-vertébrales avec le risque de « fusiller » le joint discal de la 5ème lombaire (coupe-boulon).

Paschimottanasana et Purvottanasana constituent la « porte à double battant » qui ouvre le chapitre des postures en assise.

ACTIONS & SYNERGIES

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  • Les psoas, les pectinés, les droits fémoraux et les sartorius, qui connectent les fémurs au bassin, amènent les hanches en flexions.
  • Les adducteurs pressent les cuisses l’une contre l’autre.
  • La contraction des quadriceps tend les genoux, ce qui étire les ischio-jambiers tout en déclenchant un mécanisme d’inhibition réciproque qui détend ces derniers.
  • Les tibiaux antérieurs fléchissent les chevilles et tirent les pieds vers le haut. Cette flexion a pour effet d’étirer les muscles du mollet.
  • Les fibulaires, sur la face externe de la jambe, tournent les chevilles légèrement vers l’extérieur, ce qui ouvre les plantes de pied.
  • Les droits de l’abdomen, qui descendent de la poitrine jusqu’à l’os pubien, fléchissent le tronc au-dessus des jambes, avec pour effet d’étirer les muscles du dos.
  • Les biceps plient légèrement les coudes pour intensifier l’étirement et amener le tronc un peu plus loin au-dessus des jambes.
  • Les infra-épineux et les petits ronds, au-dessus des scapulas, entraînent les épaules en légère rotation externe pour aplatir un peu plus le haut du corps contre les cuisses.
  • Le faisceau moyen des trapèzes et les rhomboïdes rapprochent les scapulas de la colonne et ouvrent ainsi la poitrine.
  • Le faisceau inférieur des trapèzes éloigne les épaules du cou.

(Extraits de l’ouvrage « Yoga Anatomie – Les Postures » – Pages 108 / 109 – de Ray Long)

Bonne pratique !

Sylvie Schmitt le 15 juin 2017

« Paschimottanasana est la meilleure des postures ; grâce à elle, les courants du Prana montent le long de Sushumna, le feu digestif augmente, le ventre devient plat et le corps se libère de toute maladie. » (Hatha Yoga Pradipika 1.29)

Paschimottanasana

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