LA POSTURE DU MOIS

AVRIL 2017

Vrikshasana 4~1

Vrikshasana

« La posture de l’Arbre »

Vriksha = arbre

vrikshasana-posture de l'arbre

A l’instar du Lotus, Vrikshasana représente l’une des postures les plus emblématiques du yoga, une « image d’Epinal » en quelque sorte selon le regard plus ou moins emphatique que l’on porte sur elle. La pose de l’Arbre nous renvoie à nos racines corporelles, à nos soutiens locomoteurs constituant le tronc de l’arbre vertébral.

Eriger Vrikshasana n’est pas aussi simple qu’il n’y parait. Une contrainte ligamentaire du genou, associée à un blocage biomécanique de l’articulation coxo-fémorale, et voici notre posture qui ressemble davantage à un arbre sur le point d’être abattu.

Articulation de hanche

Cette illustration permet de localiser l’origine des freins biomécaniques imputables aux ligaments pubo et ilio-fémoraux.

Avant d’entreprendre quoi que ce soit en matière de pratique posturale, il convient donc de mettre en avant le « penser global » en réfléchissant sur les différentes interactions ostéo-ligamentaires et musculaires qui relient le pied, la cheville, le genou et la hanche. Ce qui suppose un apprentissage patiemment cultivé aux fins de redonner de l’amplitude et de la fluidité au niveau des 3 étages des segments locomoteurs.

La Posture de l’Arbre comporte deux variantes concernant la jambe repliée. Soit la plante du pied accolée à la face interne de la cuisse, soit l’articulation de la cheville en supination de sorte que la malléole externe puisse se loger dans le pli interne de l’aine.

Vrikashana 6~1 Vrikshasana 3~1

La posture se conjugue avec 5 ou 6 mouvements de bras : mains entrelacées à hauteur de l’ombilic, bras écartés et doigts des mains en jnana-mudra, mains jointes devant le sternum, puis au-dessus de la tête, enfin les bras puissamment étirés vers le ciel en combinant latéro-flexions du bloc scapulo-thoracique. Le tout sur une jambe fermement ancrée dans le sol.

secrets-yoga

Claire Missingham

ACTIONS & SYNERGIES

Posture de l'arbre en écorché

 Jambe de Terre

  • Le grand glutéal, dans la fesse, et le psoas, à l’extrémité supérieure de la face avant de la cuisse, équilibrent le bassin entre antéversion et rétroversion.
  • Le moyen glutéal, sur la face externe du bassin, et le groupe adducteur, sur la face interne de la cuisse, équilibrent le bassin latéralement.
  • Compression plus ou moins appuyée sur la grande veine saphène en amont de la veine fémorale au niveau de l’aine.

Grande vein saphène

  • Le quadriceps, sur la face interne de la cuisse, tend le genou.
  • Les fibulaires et le tibial antérieur, dans la jambe, ainsi que les fléchisseurs des orteils stabilisent le pied.

Tronc

  • Les érecteurs du rachis, qui longent la colonne vertébrale du bas du sacrum jusqu’aux arcades occipitales, ainsi que les carrés des lombes, redressent l’arbre vertébral.
  • Les droits de l’abdomen relient fermement le coffrage thoracique au bassin.

Ceinture scapulaire & Bras

  • Le faisceau inférieur des trapèzes qui recouvrent le haut du dos, abaisse les épaules.
  • Le faisceau central des trapèzes et les rhomboïdes, entre les omoplates (scapulas), rapprochent les scapulas de la colonne vertébrale, ce qui ouvre la poitrine.
  • Le faisceau supérieur des trapèzes et les deltoïdes antérieurs, à l’avant des épaules, soulèvent les bras.
  • Les triceps, à l’arrière du bras, tendent les coudes.

(Extraits de l’ouvrage « Yoga Anatomie – Les Postures » – Pages 60 / 61 – de Ray Long complétés par l’auteur du blog) 

Consignes utiles

Pour les débutants

Il est recommandé de débuter l’apprentissage de Vrikshasana avec un appui mural ou autre (barre d’appui, table, bâton, etc.) après avoir pris soin de bien préparer les articulations des jambes et des hanches. Déverrouiller au préalable le bloc locomoteur est primordial. S’attarder et se concentrer d’abord sur l’ancrage de la jambe de terre tout en surveillant l’assiette du bassin et la manière dont la plante du pied impacte la surface du sol. Tant que l’attention est mobilisée sur la jambe d’appui, il est indispensable de fixer un point au sol. Respirer lentement et régulièrement en cherchant à canaliser l’énergie dans la jambe de terre. Les modifications du champ de vision se feront plus tard en fonction des variantes de bras. Dans tous les cas, éviter de fermer les yeux ou de regarder au-dessus de la ligne d’horizon. Répéter 4 fois l’exercice (2×2) en alternant chaque appui podal et en vous éloignant progressivement de l’appui auxiliaire choisi. Testez-vous sur la durée du maintien postural.

Détail majeur concernant la pression du pied sur la face interne de la cuisse : bannir impérativement toute matière textile couvrant les jambes et les pieds. Pratiquer à nu « peau contre peau » !

Bonne pratique !

Sylvie Schmitt le 31 mars 2017

« Comment un arbre peut-il savoir qu’il donne de l’ombre

et que son ombre est bonne ?

Comment pouvez-vous savoir à quelle hauteur vous êtes ?

Continuez de croître ! »

(B. K. S. Iyengar)

L'arbre

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